Yann Pocreau

BIO
Yann Pocreau est né à Québec en 1980. Il vit et travaille à Montréal. Par la photographie, il s’intéresse aux fortes présences du lieu et du sujet, à leur intime cohabitation. Dans ses recherches récentes, il s’intéresse à la lumière comme sujet vivant et à l’effet de celle ci sur la trame narrative des images. Il a participé à plusieurs expositions canadiennes, américaines et européennes, notamment Québec Gold, présentée à Reims, en France; Exercices d’empathie, à l’Espace Bortier de Bruxelles; Expansion, à la Galerie de l’UQAM; Out of Grace, à la Galerie Leonard & Bina Ellen; au Mois de la Photo à Montréal en 2011, aux expositions Under the Radar ; the New Visionaries et Paperwork à New York et récemment à l’exposition L’image rôde au Fresnoy, France (Louise Déry comissaire) et à la 5ième Biennale de Sinop en Turquie. Son travail a été commenté dans divers magazines et ses œuvres sont présentes dans les collections de la Banque Nationale du Canada, d’Hydro-Québec, de la Ville de Montréal, du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée d’art de Joliette, dans la collection Prêt d’œuvres d’art du Musée National des beaux-arts du Québec. Il a été jusqu’en 2014 coordonnateur général du Centre d‘art et de diffusion CLARK et est depuis 2013 président de regroupement des centres d’artistes autogérés.

 

INTENTIONS DE RECHERCHE / DÉMARCHE
Depuis quelques années, mes recherches portent essentiellement sur les apports narratifs que suggère la présence de la lumière lorsque mise en scène dans des lieux spécifiques. Dans mes projets les plus récents, dont mes expositions Chantiers, mon projet plan coupe ou le tout nouveau projet projections à la Fonderie Darling où un film 16 mm, une installation lumineuse et quelques objets se convoitent, je mettais de l’avant non seulement les traces d’une collaboration physique entre mon corps et l’espace, mais bien celle de la lumière et de sa présence à titre de sujet.

Ayant depuis quelque temps évacué la présence humaine du contenu photographique, même opté plus souvent qu’autrement pour d’autres types de médiums que la photographie, j’ai développé une série d’intervention ou d’œuvre se penchant sur la lumière artificielle, sa matérialité et son apport essentiel à ma pensé photographique. Les questions de matérialité de la lumière, de réflexion et de couleurs ont pris le dessus sur les relations «corps-espaces» et sur les notions historiques qui habitaient mon travail jusqu’ici. Ainsi, des projets comme The Complete Kodak Color Photography, (re)construction, mon film projections ou encore mon intervention cathédrale avaient ceci de particulier qu’elles permettaient à la machine de projection, à la lumière de celle-ci, de devenir la matière première de mon travail. Blanche ou colorée, référant au film, à l’ampoule, puis à l’obsolète charte de couleurs Kodak, ces interventions lumineuses m’ont mené sur de nouvelles pistes, plus exploratoires, plus abstraite et surtout sonores et lumineuses.